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Publié : 5 janvier 2009

D.VERBA : Echec scolaire : travailler avec les familles, Paris, Dunod , 2006 , 154 pages

Daniel VERBA est sociologue , directeur de l’IUT de Bobigny , maître de conférences en sociologie , fondateur du Laboratoire de sociologie de l’action sociale. Auteur de Absentéisme et violence à l’école ,, CRDP de Grenoble , 1995
Face à l’échec scolaire, les familles et l’institution ont tendance à se renvoyer mutuellement la responsabilité.
La recherche présentée porte sur les rapports entre famille et école. Elle est basée sur des entretiens avec des familles reçues par le service social et des entretiens avec les travailleurs sociaux. Cette connaissance du terrain démontre que tous les parents réagissent différemment et que les relations entretenues avec l’institution sont souvent à l’origine de stratégies d’évitement et de repli.

La typologie des parents à travers les entretiens :

- Les parents fuyants vivent un profond malaise lié à un complexe d’infériorité culturel et éducatif initié ou renforcé par l’institution. Ils « couvrent « souvent l’absentéisme de leurs enfants . Ils sont animés d’un certain fatalisme et d’un sentiment de honte
- Les parents désabusés exercent une contrainte flottante quant à l’obligation scolaire de leurs enfants. L’école n’est pas la seule voie de réussite , ils en appellent plutôt à la volonté divine ou personnelle qui permet de dépasser les épreuves de la vie.
- Les parents coopérants actifs recherchent en commun des solutions mais ne couvrent pas leurs enfants. Ils n’hésitent pas à solliciter le service social scolaire .
- Les parents coopérants passifs ont une confiance absolue dans l’institution scolaire. Ils font preuve d’une docilité passive justifiée par l’objectif de la réussite scolaire de leurs enfants. Cette docilité se révèle une conséquence d’une résignation qui s’exprime dans l’impossibilité de donner son avis, d’affronter la hiérarchie.
- Les parents critiques revendiquent le respect des adultes à l’égard des élèves et se plaignent souvent du manque de psychologie des adultes. Ils en ont assez de subir les jugements de valeurs et les remontrances morales de la part de l’institution scolaire .

Sans faire peser sur les professeurs la responsabilité du sort fait aux familles dans les collèges , on ne peut cependant pas rester insensible aux interactions difficiles nouées avec celles-ci et prendre en compte le stigmate que produit le système scolaire sur les enfants en échec.
Le partenariat avec ces parents est souvent un vœu pieux relevant du politiquement correct et loin de la réalité observable. La multiplicité des intervenants et leur manque de coordination constituent un obstacle au suivi cohérent des enfants et des familles. Ces intervenants n’ont pas tous la même légitimité (élus, professionnels de l’enseignement ou du social, bénévoles, …).
On constate un certain arbitraire et un sentiment d’injustice dans les prises de décision et les sanctions (qualification des manquement des élèves, conseil de discipline …) . Beaucoup d’enfants montrent une appréhension à venir à l’école car l’institution adopte parfois des pratiques violentes (violences verbales , humiliations, exclusions). Les parents , quant à eux , ne sont pas toujours accueillis dans de très bonnes conditions (non respect de la confidentialité, jargon utilisé…).

Le rôle des assistants sociaux :

Le service social a une mission d’information auprès des milieux populaires pour faciliter la compréhension des règles, des lois, des procédures.
Il a une fonction préventive , c’est un outil non négligeable de régulation sociale. Les entretiens dans les familles permettent parfois des retours au collège de leurs enfants absentéistes . Les assistants sociaux essaient d’amener les parents à aller au delà de leur déception et de leur ressentiment en montrant les enjeux pour leurs enfants à court terme et à moyen terme.
Les assistants sociaux ont un rôle incitatif auprès des parents leur rappelant qu’une des clés de la réussite scolaire passe par un travail régulier au domicile qu’ils peuvent encourager sans pour cela les faire basculer dans le préceptorat et par des rencontres régulières avec les enseignants.
- Ils apportent une aide éducative. (administrative ou judiciaire en fonction de la gravité de la situation familiale et scolaire des enfants et des dangers encourus) .Cette démarche traduit alors leur échec du soutien à l’autorité parentale qui est habituellement privilégiée .

Quelques expériences concluantes :

- Les équipe relais qui permettent de formaliser la coopération interne entre les différents intervenants (commissions de suivi) .
- Les projets communs dans les CESC permettent aussi de décloisonner les interventions et de donner un sens éducatif .
-  Les conventions conclues par les collèges avec le centres médico-pédagogiques ou les centres spécialisés dans l’accueil de population étrangère permettent de soutenir ces parents dans l’exercice de leur autorité sans remettre en question la légitimité de leurs conceptions et de leurs compétences .

Bibliographie :

DUBET F . Ecole - familles : Le malentendu , Textuel, 1997
GLASMAN D., L’école réinventé , le partenariat dans les zones d’éducation prioritaire, L’harmattan 1992
LORCERIE F., La modernisation de l’Education Nationale et le partenariat, Migrants-formation , n° 85 , pages 49-67 , 1991