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Publié : 18 juin

Incarner une bienveillance active, un levier à la construction des compétences psychosociales

Incarner une bienveillance active, un levier à la construction des compétences psychosociales
Christophe Marsollier
Congrès AROEVEN du 20 Mai 2018

Christophe Marsollier travaille à la qualité de la relation depuis 20 ans.
I. Les compétences psychosociales, sens et enjeux
Le monde actuel est un monde de concurrence, performance et commerce qui retentit sur les plus vulnérables. La complexification du monde entraîne une plus grande vulnérabilité des ados et des adultes quantitativement et qualitativement , ce qui est pointé par les rapports PISA 2017 & 2018 .
Les CPS sont autant nécessaires à la vie personnelle qu’à la vie professionnelle. Les critères psychosociaux correspondent à 50 % des entretiens d’embauche chez les cadres et c’est nécessaire. La construction de ces compétences amène au bien-être. On les observe dans les moments difficiles : obstacles, contraintes…
En France, il y a encore peu de place pour la prise en compte des émotions. Or, apprendre, c’est a ller vers l’incertitude et l’inconnu qui génère de l’émotion.
Selon Éducation & Formation n°72 de Septembre 2005 :
• 95 % des élèves se sentent appréciés
• Les filles ont une estime d’elle-même plus faible, souvent insatisfaites de leur apparence . Le rapport à l’image affecte l’estime de soi.
(Imaginons le monde d’avant, sans miroir et sans médias…)
• Les filles sous-estiment leur niveau en math
• L’estime de soi est plus forte quand les jeunes ont une bonne communication avec les parents.
• La réussite scolaire influe peu sur l’estime de soi.
Septembre 2016 : Rapport de l’ONU sur la cyberviolence faite aux femmes.
L’OMS définit les CPS en 1993 pour répondre avec efficacité aux exigences et épreuves de la vie quotidienne et maintenir un état de bien-être mental avec un comportement approprié et positif , ce qui constitue aussi un enjeu économique.
Une compétence qui a tendance à se transférer de la famille à l’École.
L’UNICEF en 2014 pointe que le stress affecte davantage les femmes avec des familles recomposées, dans des quartiers insécurisants et qui se privent, plus les enfants grandissent.
L’INSERM 2015 :
Quand il y a dépression, les filles s’isolent et écoutent de la musique alors que les garçons s’isolent dans des jeux vidéo en général plus violents que ceux des filles .
Le suicide reste la seconde cause de mortalité chez les 15/25 ans. Un jeune sur 10 déclare avoir déjà pensé au suicide et l’âge moyen de la première TS est de 13,6 ans.
Le CEREF publie l’atlas des risques sociaux qui met les Hauts de France en tête de ces risques.
Christophe Marsollier revient sur les couples de compétences et les illustre :
• C1 : Reconnaître une situation à risque, par exemple.
• C2 : L’éthique des nouveaux moyens de communication, réfléchir à ds stratégies de marketing. La pensée créative : jouer à s’engager. Faire preuve de discernement quant à l’influence du groupe .
• C3 : L’habileté relationnelle à la communication : l’affirmation de soi sans violence. Savoir se faire entendre et résister à la pression.
• C4 : Conscience de soi/ Empathie. Vie privée/vie publique. Comprendre les mécanismes de la discrimination. La différence entre norme et normalité.
Les CPS sont mises en avant dans l’annexe 2 du Parcours Santé. Ces compétences sont socio-affectivo-cognitives.
La capacité sociale de feed-back : persuasion, influence, négociation.
Dimension émotionnelle de la méta-cognition : « est-ce que je vais y arriver ? J’ai le niveau, mais je ne me sens pas capable ».
II . La bienveillance active
Les CPS se développent progressivement via l’interaction et l’expérience vécue par un cheminement collectif, non magistral sur des sujets sensibles et intimes par le non-jugement, la bienveillance, l’humilité ; la confidentialité , le repérage d’élèves vulnérables et l’accueil des émotions via des rituels : rappel des principes éthiques et point sur le ressenti de chacun.
Il ne peut y avoir d’expression de soi sans un cadre sécurisant.
Vincent Peillon en 2014 pose ce paradigme : « pour un École humaine et exigeante » qui sera relayé ensuite par NVB qui déclinera l’égalité Homme /Femme, l‘inclusion, la persévérance. Puis J M Blanquer avec L’École de la confiance.
Conscience vive de faire valoir une valeur conçue comme une vertu.
Mais la bienveillance mène au clivage entre ceux qui y adhèrent de façon assez naturelle et les sceptiques qui y voient une incompatibilité avec l’effort, la rigueur, une forme de complaisance qui signifierait en rabattre avec les exigences de l’École …
L’humiliation et la menace fonctionnent, mais à court-terme.
Bienveillance vient de benes volens : vouloir le bien d’autrui.
Garantir ce qui est bien pour le développement de l’élève, sa réussite et sa réalisation personnelle, ne signifie pas ne pas punir, mais sécuriser, protéger et permettre l’épanouissement.
John Hattie Melbourne 2008 pointe 5 leviers :
1. L’importance du Feed-back enseignant : ce qui vient après la réponse de l’élève et qui a TOUJOURS un fort impact.
2. La relation de confiance enseignant élève La sincérité, l’authenticité de la relation.
3. Le programme lectures
4. Le fonctionnement enseignant
5. L’enseignement de la stratégie de la résolution de problème .
Les adolescents veulent des adultes qui arrêtent de jouer au CPE, prof, IPR … La professionnalité ne doit pas évacuer l’authenticité.
Les trois principes de la bienveillance sont :
1. Le respect inconditionnel de chaque être
2. L’accueil de ses limites et compétences
3. La considération manifestée.
La bienveillance active, différente de la mollesse, c’est : l’attention aux besoins, la qualité de la présence, des exigences adaptées à l’élève, des feed-back positifs, du dialogue, de la proximité.
C’est répondre à la question : « comment puis-jE agir au mieux pour lui ?
La bienveillance passive est minimale, du respect, sans plus…
C’est satisfaire les différents besoins évoqués par Maslow, mais aussi sécurité, considération, appartenance, stimulation, motivation,compréhension du sens, justice, respect, aide, temps, expression de soi, réalisation, autonomie .
Des leviers : le tact au sens de Preirat, la patience, le soutien, l’écoute.
Cf Catherine Gueguen 2014 : « Heureux d’apprendre l’École »
Réf aux neurosciences : amygdale cérébrale qui est une plaque tournante des émotions et provoque l’empathie ; elle s’achève à l’adolescence. La violence éducative ordinaire entraîne une baisse de l’activité de l’amygdale et génère agressivité, instabilité et troubles de la personnalité.
Il faut transformer le cercle vicieux en cercle vertueux

III . Une attention plus particulière aux élèves les moins résilients
B Cyrulnik : rebondir sur les grands traumatismes
Mais : un vécu familial difficile peut entraîner une satisfaction moindre des besoins, donc une fragilisation du rapport aux autres et une baisse de la résilience avec davantage de vulnérabilité.
Ce qui renforce la résilience, ce sont des exigences élevées avec des objectifs réalistes, connaître la force des élèves, discerner le positif dans les émotions.
Christophe André : la stabilité de l’estime de soi ets facilitée par l’absence de comparaison de soi avec les autres qui devrait être interdite, la perception de signaux, indicateurs de considération, l’expérience réussie et les échecs surmontés. Charles Petit : les vertus de l’échec.
Plusieurs sortes de soi : le scolaire, l’émotionnel, le psychologique, l’athlétique, l’artistique…
Le cercle vertueux serait celui-ci : Image de soi/ amour de soi/confiance en soi, ce qui permet de s’aventurer vers le nouveau .
Dweck C 2016 : Une nouvelle psychologie de la réussite
Jacquart : Se rencontrer autour des savoirs
Benjamin Moiganrd qui a mené une étude sur les exclusion
Omar Zanna : Restaurer l’empathie chez les délinquants